Sandwichs en Géorgie…

Bonjour à tous !

Voilà quelques nouvelles car, depuis la dernière fois, il s’est passé plein de choses ! Je vous avais écrit 2 jours avant l’arrivée en Georgie du Sud. Nous avons passé 3 jours sur place où nous avons visité de magnifiques baies, des colonies de plusieurs centaines de milliers de manchots royaux, fait du zodiac dans la brume, où nous avons eu besoin de nos GPS (Global Positioning System) pour retrouver le bateau. Nous avons aussi visité d’anciennes stations baleinières toutes rouillées avec de vieux bateaux échoués et plein d’otaries autour ! C’était vraiment incroyable. Tout cela sans oublier la science bien entendu.

Ensuite nous sommes retournés en mer pour 2 jours avant d’arriver aux Iles Sandwichs. Malheureusement nous n’avons pas pu aller à terre. La météo n’était pas assez bonne et les vagues sur la plage trop grosses. Cela ne nous a pas découragés pour autant… nous avons réussi à faire une magnifique balade en zodiac juste avant le coucher du soleil !

Et voilà maintenant 2 jours que nous sommes de nouveau en mer à destination de l’ile Bouvet !

Je vous embrasse !

Baptiste

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Vie à Bord !

Alors pour ce post je vais vous montrer les différentes activités que nous avons pour passer le temps. En effet de temps à autre il faut nous distraire car les journées peuvent être un peu longues !

La plupart du temps libre se passe dans les cabines, où nous lisons, regardons des films comme à la maison, faisons des dessins, discutons de l’organisation, de philosophie, ou alors on dit beaucoup de bêtises (c’est notre activité préférée  je crois). Des compétitions de Ping Pong/ Echec/ Backgammon prennent aussi place à bord. Beaucoup passent pas mal de temps dans le PC Com sur les téléphones, afin de discuter, envoyer des mails ou des messages à leur famille. Et de temps en temps, pour les anniversaires, quelques petites fêtes s’organisent !

C’est un peu comme une colonie de vacances avec des adultes ! Avec de bons moments et d’autres un peu moins bons ! Heureusement que j’ai de bons camarades de chambre.

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Science !

Pour la science d’aujourd’hui c’est avec Sam une scientifique d’Afrique du Sud. Elle a écrit un petit texte pour vous que je vous traduis.

«  Sam’s Project

Le but de mon projet scientifique à bord du bateau est de découvrir quelles sont les bactéries dans l’océan Austral (l’océan autour de l’antarctique). Les bactéries sont de petites créatures que l’on ne peux voir qu’avec un microscope. Pour attraper les bactéries nous collectons de l’eau dans l’océan puis la faisons passer dans des filtres avec de tous petits trous qui laissent passer l’eau mais pas les bactéries. Un peu comme un tout petit filet. Ensuite nous utilisons la technologie scientifique appelée « séquençage » afin de savoir de quelle bactérie il s’agit et trouver quel est leur travail dans les océans et comment cela fonctionne ! »

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Faune !

En ce qui concerne les animaux, aujourd’hui, je vais vous parler du Krill. Le grill est un petit crustacé qui ressemble à une crevette sans pince dont la taille varie entre quelques millimètres et 3 – 4 centimètres et qui se nourrit de phytoplancton (petite plante qui flotte dans l’eau). Ce petit crustacé vaut la peine que l’on s’y intéresse car il nourrit la majorité voire la totalité des espèces en Antarctique. Quelques exemples ; les baleines en consomment 30 millions de tonnes par an, les calamars et les poulpes une centaine de millions, les phoques et otaries 80, les poissons 60 et les oiseaux 40. Même les hommes s’y sont mis.

Ils vivent en grands bancs dans des profondeurs variant entre 0 et 3500m. Une femelle va pondre plusieurs fois par an entre 8000 et 10000 œufs.  Et malgré cela le krill est menacé, notamment par l’acidification des océans et  la fonte des glaces (qui rendent l’eau plus douce et réduisent la taille du phytoplancton). Il faut donc espérer qu’il puisse s’adapter afin que les animaux en Antarctique puissent continuer de manger !

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Vive le Chili

 

Bonjour les kids, j’espère que vous avez passé des bonnes vacances et que vous êtes très contents de retrouver le chemin de l’école…

Ce sera pour moi le dernier post car je vais bientôt quitter le bateau pour rentrer en France. C’est Baptiste qui prend le relais jusqu’à la fin. Je lui ai confié votre T-Shirt pour qu’il finisse son tour du monde en lui demandant aussi de l’emmener sur toutes les îles. Vous aurez, je pense, le seul T-Shirt au monde qui aura visité toutes ces îles sub antarctique. Je me ferai un plaisir de vous le ramener en mains propres et aussi de passer une journée avec vous pour vous raconter un peu tout ça. Alors à très vite dans le Jura. Et si vous avez envie de venir avec vos parents aux festival des Rendez vous de l’aventure http://www.rdv-aventure.fr à Lons le Saunier du 16 au 19 mars  prochain j’aurai le plaisir de vous rencontrer car je suis le parrain de cet événement.

Je voudrais juste avant de terminer vous montrer une nouvelle espèce d’albatros que l’on a vu à Diego Ramirez, la dernière étapes avant Punta Arenas. Diego Ramirez appartient au Chili et elle est très proche du fameux et non moins célèbre Cap Horn. Sur ces petites îles des milliers d’albatros viennent se reproduire. Il y a des sourcils noirs que vous connaissez maintenant et aussi des Albatros à tête grise. C’est de ceux là dont je vais vous parler.

Poids entre 2,8 et 4,6 kgs

Taille environ 80 cm

Envergure 220 cm

Il se nourrit de poissons, de céphalopodes (calmars par exemple) et de crustacés (krill, crevettes). Il peut aussi se nourrir de déchets de poissons rejetés en mer par les bateaux de pêche

Les albatros à tête grise ne commencent à se reproduire qu’à 7 ans au plus tôt. Ils vivent au moins pendant 36 ans. Cette espèce est monogame. Les couples ne se reproduisent que tous les deux ans en moyenne : lorsqu’un couple a élevé un petit avec succès, ils ne se reproduisent généralement pas l’année suivante. Le nid est bâti sur un socle de boue séchée, garni d’herbe. La ponte, qui a lieu vers la mi-octobre, ne comprend qu’un seul œuf. Le mâle assure presque toute l’incubation. L’éclosion a lieu pendant le mois de décembre. Il faut de 3 à 4 jours pour que l’oisillon parvienne à sortir de l’œuf.

Le petit sera gardé pendant environ trois semaines, généralement par le mâle, puis les deux parents le laisseront temporairement seul au nid pour partir en quête de nourriture.

L’oisillon ne prendra son envol qu’au mois de mai

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Maintenant place à Baptiste

 

Bonjour a tous !

Alors je me présente ! Je m’appel Baptiste et je suis le fils de Ben et un des pilotes de Zodiac!

Je prends le relai au niveau des posts car, malheureusement , Ben nous a quitté à Punta Arenas. Rassurez vous un autre guide de haute montagne (Guillaume) a pris sa place afin de nous  éviter toutes chutes malencontreuses dans une crevasse.

Premièrement je vais vous parler un peu des escales car elles sont très importantes pour les gens  qui passent beaucoup de temps en mer. Elles sont l’occasion de se « faire du bien » en mangeant les choses qui nous manques (frites, fromage, pain et bonbon pour ma part), en rencontrant d’autres personnes, d’autres cultures, sortir un peu du bateau. Nous en avons profité pour louer une voiture afin d’aller se promener dans un parc national magnifique pour faire une superbe randonnée a Torres del Paine (photo ci jointe) Ben a d’ailleurs ouvert une nouvelle voie dans ces tours quand il était jeune…

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Après quelques achats à Punta Arenas pour grignoter entre les repas sur le bateau (et oui les mamans ne sont pas avec nous !), nous voilà reparti depuis 2 jours à destination de la Géorgie du Sud (que nous devrions atteindre d’ici 1 ou 2 jours) première escale de ce troisième et dernier leg.

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Je vais au passage vous parlez de la préparation que demande ce genre d’évènement… En effet 2 jours avant le bateau commence à grouiller d’activité. Les gens qui partent à terre prépare leur tente, sac de couchage, le chef scientifique se met d’accord avec le capitaine afin de choisir le meilleur emplacement du mouillage (endroit ou le bateau jette l’ancre), met au point le planning scientifique entre les débarques, les chalutages (filets qui collectent le fond), les ctd etc…

Une des grosses étapes de cette préparation est la Biosécurité. Alors, qu’est ce que la biosécurité ? La biosécurité est une inspection de tout les vêtements et de tout l’équipement qui va se retrouver a terre. Le but de cette inspection est d’être certain que aucune graine, bactérie, insecte d’une autre île ne débarque avec nous. Pourquoi ? Il se trouve que les éco-systèmes dans ces iles sont très fragiles. Il est donc important de ne pas importer de nouvelles espèces afin de laisser intact l’environnement, sinon ces nouvelles espèces pourraient envahir et perturber cet équilibre très fragile. L’exemple des rats apporté par l’homme en Géorgie du Sud montre à quel point il est important de faire attention à la préservation de ces écosystèmes.

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Après ce rituel nous pouvons nous rendre sur les iles sans souci ! Il ne nous reste qu’a nous amuser !

Voila pour ce poste, j’espère qu’il vous plaira ! Je vous embrasse et à la prochaine !

Des questions merci de me les envoyer sur mon adresse ci-dessous

baptiste.bernard@ace-expedition.net

Petite interview sur la Géorgie du Sud en complément

En route vers la Georgie du Sud, le pays d’Inigo

Depuis son départ de Punta Arenas, l’expédition fait route vers la Georgie du Sud. C’est aujourd’hui qu’elle doit rejoindre cette bande de terre longue de 170 kilomètres, recouverte de montagnes et de glaciers. Or, parmi les chercheurs à bord, il s’en trouve un qui est un véritable expert de cet île: Inigo Everson, spécialiste en biologie marine, professeur honoraire à l’Environnemental science département de l’Université de l’East Anglia, en Grande-Bretagne.

Véritable puits de science, cet homme de bientôt 75 ans, personnage hors du commun et doté d’un humour redoutable, a foulé ce territoire britannique pour la première fois en 1964. Depuis, il est retourné dans la région près d’une vingtaine de fois. En cinquante ans, il aura passé environ 80 mois de sa vie en Antarctique, en grande partie sur cette île mais également sur le continent. L’un des bâtiments du centre de recherche basé en Georgie du Sud a d’ailleurs été baptisé à son nom.

– Inigo, qu’est-ce qui vous a amené sur cette île il y a cinquante ans?

A cette époque, il y avait de sérieux problème de surpêche dans la région. La Georgie du Sud, particulièrement riche en faune marine, était une cible évidente pour les pêcheurs. Il s’agissait donc d’établir une réglementation pour la gestion et l’exploitation de ces ressources. C’est dans ce but qu’a été fondée la «Commission for the conservancy of Antarctic marine living resources » (CCAMLR), pour laquel j’ai beaucoup travaillé. J’avais pour mission de lui fournir des informations biologiques et environnementales sur les populations d’animaux marins et leur distribution dans la région. A ce moment-là, les grandes baleines bleues étaient déjà en fort déclin. Anticipant le même sort pour les poissons, j’en ai alors fait mon principal objet de recherche, étudiant les différentes espèces locales, leur nombre, taille, taux de croissance, mode de reproduction. Maintenant, les règles sont établies et en général bien respectées.

– En quoi la Georgie du Sud est-elle, selon vous, une région particulièrement intéressante?

Demain, si vous vous asseyez sur le ponton du centre de recherche, vous comprendrez tout de suite (large sourire)! J’ai toujours été attiré par la beauté de ces paysages. Mais surtout, c’est un endroit idéal pour le type de recherche que j’ai mené, car il donne accès à un exemple complet et très représentatif de chaîne alimentaire, du phytoplancton aux baleines, en passant par le krill. J’ai d’ailleurs mené des études poussées sur la biologie de cet animal typique de la région antarctique. Car il est non seulemement à la base de la chaîne, mais représente la nourriture de base de très nombreuses espèces: poissons, manchots, oiseaux, phoques, cétacés. Mieux en comprendre le rôle, l’importance et son interaction avec le système écologique global de l’Antarctique reste l’une des questions scientifiques majeures à ce jour, et c’est aussi l’un des buts de cette expédition.

– Les problèmes de surpêche étant mieux régulés, quels sont aujourd’hui les menaces majeures pour ce type d’environnement?

Il est évident que le changement climatique affecte ces régions de manière significative et que les activités humaines exacerbent le problème.

– Vous qui avez connu la région dans les années 1960, en voyez vous les effets?

Oui, absolument!  Dans les années 1070, le British Antarctic Survey a lancé un programme visant à étudier l’un des glaciers de Georgie du Sud, le glacier Hodges, sur le long terme. Aujourd’hui, ce glacier n’existe tout simplement plus. D’autres ont drastiquement reculé. On peut maintenant facilement marcher sur des berges, où, autrefois, ils touchaient directement la mer.

– Qu’est-ce que cette expédition représente pour vous ? 

Elle montre les nouvelles sortes de recherches qui sont aujourd’hui possibles. Car nous pouvons maintenant, grâce à des outils et instruments extrêmement performants, non seulement échantillonner une gamme très vastes d’objets – organismes, particules, éléments biochimiques, etc. – mais également les analyser à des niveaux de détails encore jamais atteints. Ces progrès gigantesques permettent de mettre en lumière le rôle crucial que jouent, par exemple, des organismes tels que les bactéries et les virus dans l’équilibre environnemental global. C’est ce que démontrent plusieurs projets de cette expédition, et qui en fait l’une de ses particularités. Une autre est de rassembler un grand nombre de scientifiques de tous horizons, pour la plupart à l’aube de leur carrière. Or, les plus grands développements scientifiques naissent en général des interactions et échanges d’idées qui découlent de telles rencontres. Je souhaite en tout cas à tous ces jeunes chercheurs d’avoir autant de plaisir dans leur travail que j’en ai eu dans le mien.

Texte : Sarah Perrin

Photo : Sharif Mirshak

 

Les îles Balleny

Dobrayi dien, kak dièla ?
Beau temps, vent nul.
Mer calme T° -1°C

Mardi 14 février 2017

Chapeau : chapka
Pomme de terre : kartochka
Pain : rlep
Verre : stakane
Saucisson : kolbassa

Depuis mon dernier post, beaucoup de choses se sont passées.

Après le glacier Mertz nous avons visité les îles Balleny et Scott, et avons rajouté une étape en Antarctique pour aller forer sur les pentes du volcan Siple qui culmine à 3110 mètres.

Que ce soit en mer, à terre, où en l’air, la science n’arrête jamais sur ce bateau. Les équipes se relaient en permanence pour réaliser leur programme respectif et des quantités énormes de données sont enregistrées chaque jour. On vit au rythme de la science.

Que dire des îles Balleny ? Pour commencer c’est un endroit magnifique. Protégées par des murailles de glace, elles ressemblent à des véritables forteresses perdues au milieu de l’océan austral. Une première reconnaissance en zodiac nous montre rapidement qu’il faudra utiliser l’hélicoptère si on veut prendre pied sur ces iles. Il serait peut être possible de débarquer sur une ou deux petites plages très étroites mais on serait alors exposé aux éventuelles chutes de sérac.

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L’île Scott est plutôt un petit ilot rocheux recouvert en partie par une couche de neige dure de 5-6 mètres d’épaisseur. On a vite fait le tour de cette île assaillie de toutes parts par l’océan austral.

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La région du volcan Siple est tout simplement incroyable. Un immense champ d’icebergs tous plus gros les uns que les autres ajoute une touche majestueuse à cet endroit unique et complètement vierge. Quelle chance nous avons d’être là. Nous en profitons au maximum pour forer la glace, étudier et photographier la colonie, où des dizaines de milliers de manchots Adélie cohabitent et aussi pour plonger avec notre robot ROPOS et découvrir ce qui se cache par 1000 mètres de fond.

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Le bateau

Aujourd’hui je vais vous parler des petits bateaux de sauvetage si jamais on doit évacuer le Treshnikov pour un grave problème. Ce bateau est très solide c’est vrai, mais il ne résisterait certainement pas à un impact violent avec un gros iceberg dans le white out (brouillard épais, fréquent dans ces régions) par exemple. Le risque reste minime c’est vrai, car en cas de brouillard épais le capitaine commence par ralentir et il se sert de ses nombreux radars pour surveiller et voir si le chemin est libre. Cependant le risque 0 n’existe pas. Le plus gros danger reste, comme sur tous les bateaux, l’incendie.

Pour parer à ces risques, après chaque départ d’escale on fait un exercice de sécurité et d’évacuation. De cette manière tout le monde sait ce qu’il a à faire et surtout dans quel canot de sauvetage embarquer. Pour être franc je n’ai pas trop envie de me retrouver entassé comme des sardines dans ces petites embarcations perdues au milieu de nulle part….

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Science

ROPOS, notre petit robot des profondeurs. Ce Robot est un concentré de technologie de 4 tonnes environ. Grace à lui on peut filmer, faire des prélèvements d’eau automatiques, aspirer des sédiments ou encore récupérer grâce à ces deux bras articulés à peu près tout ce qu’on veut.
C’est Guillaume Massé de l’institut Laval à Québec qui est responsable de tout ce projet.
Il faut environ une heure à ce petit submersible, pour atteindre – 1000 mètres de profondeur. Nous pouvons vivre en direct cette plongée grâce à un écran installé dans la salle à manger. Si l’ambiance est détendue de notre côté, c’est un peu différent dans la salle de contrôle de ROPOS où la tension est palpable. Malgré leur énorme expérience les pilotes, copilotes, ingénieurs sont complètement dans leur monde et ils doivent garder une concentration de tous les instants.
Au fond on découvre alors une incroyable biodiversité. Les spots et la caméra haute définition nous font parvenir des images incroyables de cette vie sous marine méconnue.

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Faune

Le manchot Adélie

Taille : environ 70 centimètres
Poids : 5-6 kg
Incubation : 33 jours

Pendant les 25 premiers jours de sa vie le petit manchot Adélie est nourrit pas ses parents, après il est autonome et doit se débrouiller tout seul.

J’aime beaucoup cette espèce de petits manchots. Ils sont parfois assez curieux et ils n’hésitent pas à s’approcher à moins d’un mètre de nous si on ne bouge pas. Très à l’aise dans l’eau il est par contre plutôt maladroit sur terre. Il se nourrit principalement de poisson et de krill. A l’approche de l’hiver tout ce petit monde quitte l’Antarctique pour trouver des zones moins austères. Ils migrent vers le nord en lisière de banquise ou le climat est moins rude.

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Toutes les parties claires que l’on voit sur cette photo sont en fait les endroits où se trouvent nos dizaines de milliers de manchots. C’est leurs fientes, excréments qui donnent cette couleur et je ne vous parle pas de l’odeur…

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Parade amoureuse

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Il reste encore un peu de duvet sur ce jeune manchot Adélie

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Il ne reste plus beaucoup de place pour se faire bronzer…

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Trouvez l’intrus et à votre avis, de quel manchot s’agit-il ?

Le glacier Mertz

Bonjour (Dobrayi outra) à tous du glacier Mertz en Antarctique

Temps couvert, 110 km/h de vent, t° – 5°C

Mardi 31 janvier 9h00 du matin (décalage +10 h) donc il est samedi 23h pour vous.

Désolé pour le retard mais j’étais très occupé par mon travail sur le bateau.
Je répondrai à vos questions demain.

Bonjour (Dobrayi outra) à tous du glacier Mertz en Antarctique

Temps couvert, 60 km/h de vent, t° – 5°C

Papa : papa
Maman : mama
Grand-mère : babouchka
Grand-père : diédouchka
Frère : brate
Soeur : sistra

Comme je vous l’avais annoncé la semaine dernière, nous ne nous sommes pas arrêtés à l’île Macquarie à cause d’une tempête. Le bateau est donc allé directement vers le glacier Mertz en Antarctique. La traversée s’est bien passée malgré deux jours de grosse mer, comme vous pouvez le voir sur la photo ci-dessous. Dans ces conditions on est content d’être sur un gros bateau. C’est malgré tout assez impressionnant de voir la puissance de l’océan et des vagues qui viennent percuter la coque du Treshnikov (on prononce Trechnikof). Après 4 jours de mer, les premiers petits glaçons ont fait leur apparition, signe annonciateur que l’on se rapproche de l’Antarctique. La température a elle aussi chutée en passant de + 28°C au départ à – 5°C aujourd’hui. Au fur et à mesure que l’on se rapproche du continent blanc, nos petits glaçons deviennent de plus en plus grands et denses pour devenir de grosses plaques de glace de plusieurs mètres d’épaisseur et d’une superficie souvent supérieur à la taille d’un terrain de rugby (pour changer du classique terrain de foot). Les premiers icebergs plus ou moins gros ont eux aussi fait leur apparition.

La particularité de notre bateau est d’être avant tout un brise glace. On ne peut pas venir dans ces régions avec un bateau classique qui ne résisterait pas contre la glace. Le Treshnikov a donc une coque renforcée et une étrave particulière. Elle est arrondie pour que le bateau puisse monter sur ces plaques et ensuite les casser sous son poids. Oui c’est le principe des brise-glace. Ils ne cassent pas la glace en rentrant dedans mais en montant dessus et le poids du bateau fait le reste. Le Tresnnikov peut sans problème briser jusqu’à 4 mètres de glace. Quel spectacle de naviguer dans cette polynie (du russe polynia, une étendue d’eau qui ne gèle jamais, généralement à cause du vent qui chasse la glace dès qu’elle se forme) et d’arriver devant le front du glacier Mertz qui vient se jeter dans l’océan austral. Nous voici face à une immense barrière, comme un mur de glace d’une cinquantaine de mètres de haut (la partie émergée) et quarante km de large. La partie immergée a une épaisseur de 300 à 350 m. Le glacier flotte sur l’océan. Tout est démesuré ici en Antarctique. Ca doit être la 16 ème ou 17 ème fois que j’ai la chance de toucher ce continent et je vous assure qu’on ne peut pas se lasser d’un tel spectacle, d’une telle ambiance. Les 120-130 km/h de vent à notre arrivée nous confirment que nous sommes bien parvenus au pays des manchots. Ces vents que l’on appelle catabatiques descendent tout droit de la calotte glaciaire. Ils accélèrent au fur et à mesure de leur descente pour parfois dépasser les 300 km/h.

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Le bateau

Aujourd’hui visite de la salle de sport, de la salle à manger, et du hangar hélicoptères. Vous verrez sur les photos que pour pouvoir ranger nos hélicoptères nous sommes obligés d’enlever les pales. Pendant les temps de navigation entre deux stop nous prenons le petit déjeuner entre 7h30 et 8h30, le repas du midi entre 11h30 et 12h30, un petit goûter est servi de 15h30 à 16h et pour finir nous dînons de 19h30 à 20h30.  Quand nous sommes sur une zone d’étude, ces horaires varient suivant l’activité. Ces trois derniers jours par exemple je me levais et commençais ma journée à 6 h du matin pour terminer vers 21 h. Hier soir je me suis même posé avec l’hélicoptère à 23h après une journée sur le glacier Mertz pour faire des prélèvements de glace. Mais vu que nous sommes au sud du cercle polaire antarctique, et qu’ici c’est l’été, même à 23h il ne fait encore jour.

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Science

Avant de vous parler de notre robot des profondeurs, partons cette semaine faire de la science avec Joel et Bradley qui sont tous les deux des glaciologues. Leur travail consiste à étudier la glace et pour cela ils font des carottages. Ces prélèvements sont ensuite stockés dans des boites isothermes placées dans des congélateurs sur le bateau. Comme cela la chaine du froid est respectée et ces carottes arrivent toujours congelées dans leurs laboratoires respectifs pour être analysées.  On peut trouver et récupérer pleins d’informations dans ces carottes de glace. Par exemple les petites bulles d’air prisonnières, que l’on trouve à l’intérieur, nous donnent toutes les informations nécessaires pour connaitre la qualité de l’air, le climat qu’il y avait au moment où elles ont été capturées. Chaque carotte fait entre 60 cm et 1 mètre de long. Il faut donc à chaque fois rajouter de la longueur à notre carottier pour descendre de plus en plus profond.  Au final nous sommes descendus jusqu’à 20 mètres de profondeur.

Pour la petite anecdote c’est Claude Lorius, un éminent glaciologue français, qui a eu cette idée d’analyser ces petites bulles d’air en buvant un whisky en Antarctique. Un jour alors qu’il faisait lui aussi du carottage au milieu de l’Antarctique, il a refroidi son verre d’alcool avec un bout de glace d’une carotte qu’il venait de sortir. En regardant ce petit glaçon fondre dans son whisky il a vu des petites bulles s’échapper et remonter à la surface de son verre et tout de suite il a eu cette idée géniale de les analyser. Aujourd’hui on peut grâce à ces carottages, qui peuvent s’enfoncer jusqu’à 4000 mètres dans les glaces de l’Antarctique, connaitre le climat qu’il y avait dans le passé. J’ai eu la chance un jour à Concordia (la base franco-italienne perdue dans le continent blanc), de tenir une carotte qui avait 800 000 ans (récoltée par 3200 m de profondeur).

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Faune

Dans cette région de l’Antarctique il n’y a pas autant de faune que sur la péninsule et beaucoup de manchots ont commencé à quitter le continent. On peut trouver et voir des manchots Adélie, qui nichent à terre et quelques rares manchots empereurs qui eux, contrairement aux autres, nichent sur la glace et restent dans ces régions en hiver pour se reproduire. Il y a une grosse colonie d’empereurs à Mertz, découverte il y a seulement 3 ans, mais à cette époque de l’année, ils ont déjà regagné l’océan. Les Adélie sont plus nombreux et on a eu la chance d’en voir quelques uns  qui se laissaient transporter sur de petits icebergs comme vous pouvez le voir sur les photos ci-dessous.

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Et ici un manchot empereur avec deux Adélie.

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Bonne journée et à bientôt,

Ben

Direction l’Antarctique

Bonjour

Pour commencer j’espère que vous aimez notre aventure.  Moi ça me plaît beaucoup de partager tout ça avec vous.

Petite erreur la dernière fois pardon je suis allé trop vite

Merci : spassiba
S’il vous plait : pajalousta
Salut : priviet
Au revoir : dasvidanya
Mon ami : moï mouch

La semaine dernière nous avons continué à faire de la science en direction de la Tasmanie. Nous nous sommes arrêtés souvent, pour immerger la « rosette », pour travailler et continuer d’enregistrer des données sur l’atmosphère ou encore pour profiter des oiseaux, animaux marins et prendre des photos. Nous avons aussi eu des très beaux couchers de soleil et la météo a plutôt été favorable.

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Après 11 jours de mer nous sommes arrivés en Tasmanie et plus précisément à Hobart notre port. Durant cette escale nous avons avitaillé le bateau aussi bien en nourriture qu’en eau ou gasoil.

De nouveaux scientifiques nous ont rejoint notamment Guillaume qui est arrivé avec 5 gros containers remplis d’équipement avec surtout un robot capable de descendre  jusqu’à 1500 mètres de profondeur. Je vous parlerai de ce robot la semaine prochaine je pense que ça va être passionnant. Après ces 3 jours et demi d’escale nous sommes repartis, hier soir dimanche, en direction de l’Antarctique. Nous ne pourrons malheureusement pas aller à Macquarie à cause d’une très grosse dépression (tempête) qui arrive sur notre chemin. Les prévisions météo annoncent des vagues de 15 mètres et des vents à plus de 35 m/s (126 km/h si mes calculs sont exacts). Il vaut mieux éviter ce genre de conditions même si on est sur un gros bateau.

Mais tout va bien l’ambiance est bonne et on ne voit pas le temps passer.

Technique

Quand on arrive dans un port avec un gros bateau comme le notre toute une équipe se met en place pour que l’on puisse accoster en toute sécurité au quai. Pour commencer un chef pilote local monte à bord environ une heure avant notre arrivée pour prendre la place du capitaine. Dès qu’il est à bord, c’est lui qui prend les commandes du bateau pour l’accostage.

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Deux remorqueurs sont là pour nous accompagner.

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Ces petits bateaux très puissants et maniables nous poussent, nous tirent ou encore nous aident à tourner plus rapidement. Quand on arrive proche du quai d’autres personnes nous attendent pour amarrer le bateau.

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C’est assez impressionnant comme manœuvre.

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Sciences

Côté science cette semaine avec David et son équipe nous allons avoir une idée de ce que l’on peut trouver au fond des océans où on navigue.
Grâce à un filet qui racle le fond et que l’on traîne derrière le bateau pendant une trentaine de minutes David peut récupérer tout un tas d’échantillons aussi bien minéral, végétal que animal.

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Une fois le filet remonté toute l’équipe s’affaire à trier, analyser, photographier et répertorier la collecte.

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C’est assez incroyable de voir toutes ces différentes espèces qui sont présentes au fond de l’océan. Je vous laisse juger par vous même avec les photos qui suivent et il n’y a pas tout loin de là…

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Faune

Voici deux autres oiseaux qui accompagnent souvent notre albatros géant.
Il y a l’albatros à sourcils noirs et un pétrel géant.

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À vous de me dire… qui est qui ?

Bonne journée et à bientôt,
Ben

Entre Heard Island et l’Australie

Bonjour à tous.

Si vous voulez bien on va profiter d’être sur un bateau russe pour chaque semaine apprendre deux trois mots.

Bonjour / le matin : Dobrayi outra

Bonjour / le midi : Dobrayi dièn

Bonsoir : Dobrayi viètcher

Merci : Pajalousta

Je vous envoie aujourd’hui des nouvelles depuis l’Océan Indien.

En ce moment il fait beau la mer est relativement calme et la température est de + 9°C.

Je suis entre Heard Island et l’Australie. Nous devrions arriver le 19 janvier à Hobart en Tasmanie.

Le bateau avance en ce moment à une vitesse de 14 nœuds. Les nœuds sont l’unité de mesure de la vitesse utilisée dans la marine. Un nœud équivaut à un mile nautique à l’heure. Comme un mile nautique est égal à 1,852 kilomètre on a donc un nœud est égal à 1,852 km/h.

Exemple pour une vitesse de 10 nœuds un bateau avance donc à 18,52 km/h

A vous de me donner la vitesse en km/h quand on avance à 14 nœuds.

Nous voyons que nous sommes vraiment isolés car depuis notre départ nous n’avons pas croisé un seul bateau. Autre phénomène qui m’interpelle depuis deux jours, plus aucun oiseau ne nous suit alors que normalement il y en a toujours autour du bateau. Dans une expédition scientifique comme celle là ce qu’il y a de bien c’est qu’il suffit de trouver le bon scientifique pour avoir la réponse : Au final nous sommes en ce moment dans une zone où l’océan est très peu chargé en fer. Et sans fer le phytoplancton, qui est à la base de la chaîne alimentaire, ne peut pas se développer et perturbe donc tout le reste de cette chaîne alimentaire.

C’est à cause de ce phénomène qu’il n’y pas grand chose à manger pour les oiseaux. Ces derniers préfèrent donc rester dans des zones plus propices.

J’en profite pour vous poster ces photos de Globicephales que j’ai prises il y a 5 jours maintenant.

Toute une bande d’une vingtaine d’individus nous a suivi pendant 3 heures environ.

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Technique

Côté technique je vais cette semaine vous montrer le poste de pilotage du Treshnikov et ces énormes moteurs.

Le poste de pilotage se situe au dernier étage. De là le capitaine dirige et pilote tout le bateau.

C’est assez impressionnant de voir tous ces écrans de contrôle. Il y en a pour contrôler la hauteur des vagues, d’autres pour prévenir des icebergs, d’autres pour la profondeur, d’autres pour la puissance et le bon fonctionnement des moteurs sans oublier toutes les caméras de surveillance placées un peu partout sur le bateau. Tout est automatisé et il lui suffit juste de pousser une petite manette pour changer de vitesse, ou encore tourner un bouton pour suivre un nouveau cap. C’est comme un Joystick de playstation.

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Tout en bas du bateau cette fois en fond de cale, il y a la salle des machines. Moi qui trouvais le moteur d’Atka assez gros là je suis resté ébahi devant la taille des trois gros moteurs du Treshnikov. Chaque moteur fait 10 mètres de long sur 5 mètres de haut. Ils assurent la propulsion et toute l’alimentation électrique du bateau. Trois équipes de 4 personnes assurent en permanence  l’entretien et le bon fonctionnement de toute cette machinerie.

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Science

Après avoir fait des prélèvement sur terre avec Bianca et en mer grâce à la rosette de Stéphane, aujourd’hui on va partir s’envoler dans les nuages avec Iris et Pascal.

Ces deux scientifiques travaillent sur l’atmosphère. Ils lâchent régulièrement depuis le pont d’envol, situé à l’arrière du bateau, des ballons gonflés à l’hélium. Ces ballons sont équipés de plusieurs petits capteurs qui mesurent la température, la pression et l’humidité. Un petit GPS vient compléter cet équipement pour que l’on puissent suivre notre ballon et connaitre aussi par la même occasion sa vitesse de déplacement verticale mais aussi horizontale. Grâce à ces dernières informations on connait exactement la vitesse et la direction du vent. Ils peuvent monter jusqu’à 20 kilomètres de haut en deux heures. Grâce à eux nos scientifiques peuvent établir toute la structure verticale de l’atmosphère à l’endroit où ils ont été lâché.

Il faut savoir qu’environ 1000 ballons, comme celui ci, sont lâchés chaque jour partout sur la planète. C’est en grande partie grâce à tous ces ballons que nous pouvons avoir nos prévisions météorologiques journalières.

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Eléphant de mer du sud

Merci à Camille pour ces précieuses informations.

Male : 4,5 – 6,5 mètres de long pour un poids pouvant atteindre 3700 kilogrammes

Femelle :  2,5 – 4 mètres de long pour un poids entre 400 – 800 kgs

La particularité chez les éléphants de mer c’est la différence de taille entre les mâles qui sont quasiment 4 fois plus gros que les femelles. On reconnait aussi facilement les mâles grâce aux cicatrices qu’ils ont sur le corps. Ces blessures proviennent des combats qu’ils se livrent pour être le mâle dominant. Les éléphants de mer migrent entre 4 et 8 mois par an. Pendant cette migration ils restent en mer et passent plus de 85% du temps sous l’eau. Ils plongent jusqu’à 1500 mètres de profondeur et peuvent rester jusqu’à 1h30 – 2 h sous l’eau sans respirer. Ils mangent des poissons et des calamars.

A la fin de cette migration, les éléphants de mer rejoignent les iles sub-antarctique pour ce reproduire. Ce sont les mâles qui arrivent les premiers. Ils se battent pour avoir une place et pouvoir accueillir les femelles qui elles arrivent une semaine après.

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Bonne semaine et à bientôt